Des vêtements appropriés

Nous sommes à la veille de mars, un mois particulièrement difficile pour le moral des Montréalais qui n’en peuvent plus de l’hiver. Normalement, les grands froids sont derrière nous, mais la neige peut surgir à tout moment, le thermomètre oscillant entre les valeurs négatives et positives. Cette instabilité climatique fait en sorte qu’on ne sait plus vraiment comment s’habiller…

Commençons par les pieds. À mon avis, les bottes fourrées ne sont plus de mise. Ces chaussures sont conçues pour des froid allant jusqu’à moins vingt-cinq, parfois davantage. Or, aujourd’hui, il fait zéro le matin et ça montera jusqu’à huit degrés dans la journée. Dans le bus où je suis installé pour écrire ces lignes, je constate que tous les usagers portent de lourdes bottes d’hiver, comme s’ils ne croyaient pas aux huit degrés annoncés par les météorologues. Celui qui est assis tout près de moi, un jeune homme noir qui accuse déjà un fort embonpoint, porte des bottes d’une marque reconnue pour supporter des froids extrêmes… Je n’ose imaginer l’odeur quand il se déchaussera en arrivant au boulot ou à l’école, s’il se déchausse, bien entendu.

Tous ces gens portent des bottes parce que la culture ambiante, sous l’influence de la publicité, a supprimé les vêtements intermédiaires, les vêtements que nous portions tous avant, du temps de notre enfance. Pourquoi ? Parce que ces vêtements ne coûtent pas chers à l’achat, ce qui réduit les marges de profits des fabricants. Quels vêtements ? Les caoutchouc, pardi !

Une paire de couvre-chaussures en caoutchouc coûtent environ vingt-cinq dollars et durent souvent plusieurs années. On en trouve encore sur la marché, bien entendu, mais nous les boudons ouvertement, comme s’il s’agissait d’objets réservés aux agents d’assurance, aux représentants de commerce ou aux colporteurs en tous genres. À ces gens qui doivent souvent se déchausser pour entrer dans une maison. Pourtant, je vous assure, ce type de chaussures sont expressément conçues pour les entre-saisons des pays nordiques, des pays comme le Canada où l’automne et le printemps sont des saisons si courtes qu’on a parfois l’impression de les escamoter.

En conséquence, en mars et ce, parfois jusqu’à la mi-avril, les couvre-chaussures valent mieux que les bottes, à moins qu’on adopte les bottes de pluie (on en fait de jolies, maintenant). Et cela vaut aussi pour la mi-octobre. On parle donc d’une période d’environ dix semaines dans l’années, soit près de 20% du temps. La question que d’aucuns posent est la suivante : vaut-il la peine de s’acheter des vêtements pour 19,23% de l’année ? Je vous laisse en juger… mais, si cela peut poser dans votre décision, ces vêtements d’entre-saison coûtent généralement peu chers et, en plus, durent pendant plusieurs années. Alors, ça peut en valoir la peine…

Mise en ligne le : 2018-03-23

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