Comment organiser sa discothèque musicale numérique

Si vous êtes un mélomane, un féru de musique dite classique comme je le suis, tout en ne dédaignant pas le rock, notamment le rock progressif, alors ce billet sur l’organisation de la musique numérique pourrait vous intéresser.

J’ai employé le concept de discothèque numérique tout en sachant que le terme n’est guère approprié, même si la notion d’album demeure essentiel à mes yeux pour comprendre le contexte créatif d’un musicien. Mais nous pourrions la substituer à celle d’oeuvre. En effet, une sonate, un concerto, une symphonie sont des genres qui pourraient être considérés comme des unités en soi. Mais cette notion s’applique plus difficilement à la musique rock, une musique tout aussi noble que les autres, mais qui peut se présenter sous une forme plus éclatée, à l’exception sans doute des albums concepts, comme certains albums de Genesis, par exemple. Vendre de la musique à la pièce est un phénomène que je déplore… mais tans pis pour ceux et celles qui s’adonnent à cette pratique qui, à mon avis, pourrait être considérée comme une atteinte à l’intégrité de l’oeuvre.

Mais revenons au sujet de ce billet. La musique numérique se présente sous la forme de fichiers de différents formats (MP3, flac, wav, etc.). Ce sont donc ces fichiers qu’il convient de structurer. Voici comme je les organise dans le dossier musique de mon ordinateur :

Cela va donc de 0 à 15. Les dix premières catégories (0 à 9) sont réservées à la musique classique. Une explication s’impose pour comprendre la logique de ce classement.

Comme vous pouvez le remarquer, les catégories 1 à 6 représentent les six grandes périodes historiques de la musique savante. Cela va de la musique ancienne (1) à la musique contemporaine (6). À l’intérieur de chacune des catégories, les fichiers musicaux sont classés par compositeur, et non par « artiste » comme dans la musique rock ou la chanson française. Toutefois, les catégories 0, 7 et 8 échappent à cette logique. En effet, la catégorie 0 regroupe des interprètes qui transcendent les notions de période musicale et de compositeur. Je classe ici, par exemple, la série des concerts que Martha Argerich a donné à Lugano de 2002 à 2016. Même chose pour les coffrets dédiés à un chef d’orchestre comme Sergiu Celibidache, une chef roumain que j’apprécie particulièrement pour son interprétation des compositeurs romantiques et modernes. Quant aux catégories 7 et 8, elles sont consacrées à des instruments particuliers : l’orgue et la guitare. Là aussi, dans la plupart des cas, ces musiques échappent à la logique des compositeurs, même s’il arrive parfois que certains disques soient consacrés à un seul compositeur. Enfin… cela relève d’un choix personnel : j’aime la guitare. Même chose pour l’orgue. Mais si vous aimez la flûte… Vous pourriez aussi réserver la cote 09 à l’opéra ; cela compléterait bien l’ensemble.

En seconde partie, on trouve les autres genres de musique qui vont du jazz (10) à la musique du monde (15). La catégorie 11 (instrumental) regroupe des artistes particuliers (comme Mike Oldfield, par exemple) qui font des albums qui se rattachent difficilement à un autre genre. Je n’ai pas fait de catégorie pop, folk ou country. Aussi, Neil Young se retrouve dans rock (13). Si un jour je me découvre un engouement pour le country, alors j’aviserai…

Bref, vous l’aurez compris, chacun peut développer une structure qui correspond à sa culture musicale. N’en faites pas trop, tout de même… Et n’oubliez pas que la classification s’avère une convention, non une nécessité absolue. Par ailleurs, la classification évolue comme les objets que l’on classe. Comme je le disais à l’époque où j’enseignais la gestion des documents et des archives à l’Université de Montréal, la classification représente une vision du monde. Appliquée aux documents, elle est l’expression formelle des activités d’une organisation. Appliquée à la musique, elle exprime une vision de votre culture musicale.

Il faut adopter une structure classificatoire de vos fichiers musicaux, surtout quand votre collection gagne en quantité et en qualité. Sinon, on est vite perdu… Certains me diront que tout cela devient inutile quand on adopte l’écoute musicale en streaming. Je ne crois pas, non. Sur Spotify, j’utilise la même structure, chaque catégorie correspondant à un dossier dans une liste de lecture et, à l’intérieur des dossiers, je range mes compositeurs. Sachez toutefois que, sauf erreur, seuls Spotify et Google Music offrent la possibilité de créer des dossiers dans lesquels viennent se placer des listes de lecture. En revanche, la qualité audio s’avère médiocre… D’où la pertinence de se monter une discothèque musicale en format flac, et non en MP3. Mais de cela je parlerai une autre fois… Tout comme je reparlerai des métadonnées rattachées aux « albums » numériques. Chaque chose en son temps.