Blogue : bilan et perspectives

Si vous le permettez, en ce début d’année, la série On ne rate pas sa vie fera relâche, car parfois il convient de s’arrêter, de considérer le chemin parcouru et évaluer quelles sont les perspectives qui s’offrent à nous. Après tout, nous débutons une nouvelle année, une année qui revendique une portée symbolique en raison de ce double vingt. On en parle depuis longtemps de cette année 2020. Un première : d’aucuns ne prononcent plus deux mille vingt, mais tout simplement vingt vingt. Un côté ludique, presque juvénile, qui ne fera toutefois pas oublier que le monde coure à sa perte. Hubert Reeves a dit et redit que le monde ne survivrait pas au XXIe siècle. Et rappelez-vous qu’Einstein disait déjà que l’espèce humaine ne survivrait pas longtemps après la disparition des abeilles…

Le 15 décembre dernier, de manière assez fortuite, je me suis rendu compte que je venais de publier le 200e  billet de ce blogue depuis septembre 2013. Année 2020, billet 200, vous voyez le topo ? Sans jeu de mots ou sans m’arrêter aux chiffres, cela représente néanmoins une constante, et je suis heureux d’avoir tenu le coup depuis sept ans en publiant, beau temps mauvais temps, un billet par quinzaine, même davantage dans les premières années.

Ces textes sont disparates, j’en conviens. Par exemple, 97 notes de lecture contre 11 critiques (films, séries télévisées, œuvres musicales) ne constitue pas un bel équilibre. En revanche, 36 idées contre 22 textes de fiction, c’est mieux, surtout si on tient compte que j’ai retiré certaines nouvelles qui ont été publiées dans des recueils, notamment dans La Diversité du monde et Des Nouvelles du bout de l’île. Si je veux écouler un bouquin de temps en temps, il faut bien que je ne donne pas tout à lire dans cet espace public…

Dans un billet intitulé Tenir un blogue ou pas, j’ai écrit : « Je pense que tenir un blogue s’avère une excellente idée pour quiconque a envie de livrer quelque chose au monde, même s’il n’est lu que par une cinquantaine de personnes, même si son initiative se perdra au milieu de millions d’autres ». Ce billet s’adressait à un ami qui venait de prendre sa retraite et qui craignait peut-être de s’ennuyer. Finalement, au lieu de tenir un blogue, il s’occupe de sa vieille mère, ce qui est tout aussi bien et, sans aucun doute, beaucoup plus utile dans les circonstances. Car a-t-on nécessairement « quelque chose à livrer au monde » ?

C’est la grande question. Récemment, une amie m’écrivait qu’elle ne souhaitait pas écrire car d’autres gens le font beaucoup mieux qu’elle. Je lui ai répondu que, dans tous les domaines de l’activité humaine, il y aura toujours des gens qui feront beaucoup mieux que nous…  Néanmoins, en cette fin d’année, je m’interroge à ce sujet. Dois-je continuer, poursuivre ce projet d’écriture éclaté ? Mon lectorat se résume à un peu plus d’une centaine de personnes. Certains billets atteignent des pics allant de 500 à 1 000 lecteurs, parfois davantage. Mais dans l’ensemble j’écris pour 100, 125 personnes à tout casser. Est-ce si important, le nombre ? Non, pas vraiment. N’oubliez jamais que la moyenne des ventes des romans au Québec se situe autour de 100 exemplaires. En conséquence, je fais mieux que la moyenne…

Sur ce blogue, j’ai désactivé les commentaires. Pourquoi ? Après les commentaires désagréables, voire carrément haineux, qui ont fait suite à la publication de Pitbull, j’ai compris que cela ne m’intéressait pas de débattre avec ces gens-là. D’ailleurs, ce billet sur les chiens méchants fait justement partie de ces pics en matière de lectorat… Si vous voulez vraiment réagir à un billet, vous n’avez qu’à m’écrire (voir la rubrique « À propos de… »).

Je ne sais pas si j’ai quelque chose à livrer au monde mais, en rédigeant chacun de ces billets, je pense à une personne ou à un groupe de personnes, des gens qui font souvent partie de mes amis ou de ma famille. Cela me suffit à trouver la motivation pour continuer. Et je continuerai en 2020, pour une autre année… que je souhaite agréable à tous mes amis lecteurs.