Le vendredi

À propos de l'intelligence artificielle

Je ne suis pas du genre à hurler au scandale quand apparaît une nouvelle technologie, même si elle risque de bouleverser la vie des gens. D'ailleurs, chaque innovation bouleverse la vie quotidienne de tout un chacun. L'électricité, le téléphone, les guichets bancaires. Souvenez-vous qu'au début des années 1980, des centaines de caissières perdaient leur emploi avec l'introduction des guichets automatiques dans les banques. Et que dire du photocopieur, le cauchemar des archivistes ? Son invention a jeté à la rue des milliers de dactylographes, sans compter qu'il a relégué aux oubliettes le fameux papier carbone. En revanche, chaque perte d'un corps de métier donne naissance à un autre, souvent réservé à des gens plus qualifiés. Aussi, la démocratisation des ordinateurs — les PC pour Personal Computers — a coïncidé avec la multiplication des départements d'informatique dans les collèges et universités. Les techniciens en informatique avaient de beaux jours devant eux.

L'intelligence artificielle générative (IA) occasionnera aussi des pertes d'emploi, d'abord par la cessation de l'embauche, puis par une transformation radicale des tâches que les gens avaient l'habitude d'accomplir. Deux articles, le premier paru sur le site de Radio-Canada du 18 avril 2026, l'autre dans La Presse du 15 janvier 2026, résument bien la situation :

Ces deux articles grand public ne représentent qu'un grain de sable dans les centaines de textes disponibles sur Internet après une simple recherche sur Google. Faites-vous plaisir si vous avez envie de passer vos vacances estivales à vous documenter sur l'IA.

Revenons à mon point de départ. Je suis ouvert aux technologies, disais-je, même si je suis convaincu que, cette fois-ci, cette technologie — l'intelligence artificielle générative — va gangréner le monde, tout comme la robotisation qui avance à grands pas. Les robots sexuels sont déjà en place. Un jeune homme des années 2050 pourra obtenir une expérience sexuelle complète sans avoir à passer par un autre être humain, ce qui mettra définitivement fin au problème du consentement. Je ne noircis rien, je sais que ça vient, c'est tout. Mais j'ai confiance qu'il y aura toujours des voix discordantes, des voix qui rechercheront la sagesse dans le tumulte du monde. Pour revenir à notre époque — bien que celle que j'évoque ne soit pas si lointaine —, j'adopte une attitude similaire aux stoïciens : la modération, qualité chère aux Grecs de l'Antiquité. Aussi, ai-je recommencé à lire des livres en papier, à délaisser mon téléphone, à rédiger dans un carnet. J'essaie de faire un bon usage des technologies, faisant de mon mieux pour réfléchir — ou du moins, pour prendre conscience — de ses travers.

Je fais donc un usage modéré de l'IA. Je ne m'en sers pas pour écrire, sinon nous allons tous écrire de la même façon dans dix ans ! Mais il m'arrive de vérifier une conjugaison ou le sens d'une expression, tout comme l'IA m'est utile pour améliorer mon nouveau blogue sur BearBlog. Par exemple, j'aurais eu du mal à mettre en place le formulaire de contact sans l'IA : https://danielducharme.bearblog.dev/contact/ J'aurais pu le faire avec un peu plus de temps, bien sûr. Mais l'IA m'a aidé à surmonter la barrière de l'anglais de manière à concevoir ce formulaire entièrement en français. En fait, il s'agit d'ajout de services externes que je lie à mon blogue. Je suis heureux du résultat. Pour customiser mon blogue, comme l'écrivent les Français, je ne peux passer sous silence le fait que j'ai reçu aussi l'aide d'un humain, en l'occurrence Jean-Luc Durand, l'auteur d'un blogue sur les technologies sur BlogBear. Vous voyez ? L'IA ne peut tout remplacer…

Ce billet, qui va un peu dans tous les sens, je le reconnais, n'a d'autre but que de formuler une déclaration, un statement, adressée aux lecteurs et aux lectrices de ce blogue. La voici :

Il faudrait d'ailleurs être complètement stupide pour faire rédiger des notes de lecture par l'IA. Non seulement ça ne serait pas honnête — parce que l'IA n'invente rien, il pille ses infos dans des milliers de textes glanés sur le Web — mais, en plus, ça serait d'un ennui mortel, car le style, trop convenu, en serait insipide. Et puis, il y a Babelio, inutile de faire un site de plus si c'est pour y mettre des comptes rendus rédigés par l'IA.

Voilà. Considérez ce billet comme une déclaration sur l'utilisation de l'IA. D'aucuns l'indiquent en pied de page dans chacun de leurs billets. Pour le moment, je n'irai pas jusque-là.


Daniel Ducharme : 2026-07-31

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